samedi 12 juin 2010
Parents sans papiers
Par Oumie Yanssané, samedi 12 juin 2010 à 16:29 :: Pour une autre économie
arrestation le 3 juin devant la boutique Bebes en Vadrouille place de la Bastille
PETITION Education Sans Frontières
A Bastille, des sans papiers chinois en lutte aux côtés des Africains*
De Franck MADOEUF (AFP) – Il y a 1 jour
PARIS — Xiaoqiu Zheng, une couturière chinoise, participe au mouvement des travailleurs sans papiers qui campent depuis quinze jours devant l'Opéra Bastille, illustrant la part grandissante de la communauté asiatique aux côtés des Africains en lutte pour leur régularisation.
"Je veux rester en France, je me bats pour la régularisation, pour vivre comme les autres, avoir les mêmes droits, explique cette femme élégante de 52 ans, arrivée de Chine en 2001, un an après son mari, et qui depuis confectionne chez elle pantalons et chemise pour à peine trois euros pièce.
Elle a rejoint à ses débuts il y a 8 mois le mouvement de grève et d'occupation de locaux lancé par les sans-papiers, très majoritairement africains, encadré par la CGT. Il compte aujourd'hui plus de 6.000 participants, selon le syndicat.
"En Chine, j'avais vu très peu d'Africains. Là, on passe beaucoup de temps ensemble, on est devenus comme des frères et soeurs", explique-t-elle en souriant.
"Mon mari et moi nous n'avons pas hésité: c'était le 12 octobre, on a décidé d'entrer dans la lutte dès qu'on a vu les annonces sur un site communautaire", raconte-t-elle au milieu de plusieurs centaines de sans-papiers se relayant jour et nuit, dormant et mangeant sur place sous des bâches.
"Si j'avais Sarkozy en face de moi, je lui dirais +J'ai deux enfants, je travaille vachement, mais au noir, je veux avoir des papiers+", explique Jianzhong Sun.
Ce trentenaire affirme avoir payé 15.000 euros pour venir clandestinement en France en 2003, "en avion, train et bus pendant un mois", et aligne à Paris des journées de couture de 16 ou 17 heures pour un salaire de 800 euros à ses débuts, "augmenté un peu depuis".
De plus en plus visibles dans les manifestations, les sans-papiers chinois, travaillent dans la confection ou la restauration.
Jian Ping Ye était à la Bastille le 3 juin au matin lorsque les forces de l'ordre sont intervenues pour déloger les sans-papiers des marches de l'Opéra.
"Il y a eu 10 minutes de confrontation. Bien sûr j'ai eu peur, je pensais +on va perdre l'escalier, on va perdre notre grève!+, j'ai été gazé par les lacrymos, et des agents de la RATP m'ont donné de l'eau pour me rincer les yeux", raconte-t-il.
Chassés le matin, les sans-papiers sont revenus dans la soirée et ont réinstallé cartons, tapis, drapeaux CGT pancartes et stands. Leurs journées sont ponctuées de discussions avec les sympathisants, concerts improvisés, quêtes de soutien et, pour les musulmans, des cinq prières rituelles.
"A ma connaissance, c'est la première fois que plusieurs +communautés+ s'engagent ensemble dans un tel mouvement. On a veillé à créer les conditions pour que les Chinois en fassent partie. A la première assemblée générale du 11 octobre, on a pris le temps de discuter avec eux et leur nombre a ensuite progressé", se félicite Raymond Chauveau, coordinateur de la lutte à la CGT.
"Dans la confection, ils travaillent à domicile ou en ateliers, pour absolument toutes les grandes marques de vêtements, à travers des intermédiaires pas forcément chinois. Leur rémunération est la même en Chine ou ici: là-bas parce que c'est le niveau +normal+ de salaire, ici parce qu'ils sont sans papiers", s'emporte-t-il.
"On est souvent arrivés de Chine il y a une dizaine d'années, des enfants sont nés ici. On pensait être régularisés. On a rejoint la grève quand on a vu que l'on n'aurait pas les Cerfa" (formulaires de régularisation), explique l'un d'eux.
"On a affaire à des travailleurs qualifiés, recherchés. Les employeurs nous disent aujourd'hui +on peut discuter+. Et Mme Zhou, figure de proue de la lutte, souvent interviewée et filmée, toujours sans papiers, vient de voir son salaire alignée sur le Smic", note-t-il dans un sourire.


Place de la mairie du 20e, en face du cinéma Mk2
Bébés en Vadrouille y tiendra un stand de vente de produits bio et équitables pour les tout petits.
Mercredi 4 mars : atelier d'écriture Slam pour les 6-12 ans à partir de 14h, tournage de la scène à partir de 17h (dans le cadre du printemps des poètes, reportage filmé par la chaîne Gulli pour l'émission L'as tu Lu ?), inscription sur place avant le 27 février ou au 06.75.65.27.38
(Le Monde Janvier 2009)
A Paris, on compte 7 600 familles monoparentales en quête d'un logement social. D'après la mairie, 423 d'entre elles sont sans domicile fixe. Sans oublier 290 familles vivant hors de Paris, soit 713 familles monoparentales SDF en tout. Il est à noter que 85 % des dites familles sont féminines. L'Insee rappelle que les familles monoparentales connaissent des conditions de "logements plus difficiles et plus fragiles". Plus d'un tiers d'entre elles vivent en HLM. Seules 28 % des mères de famille monoparentale sont propriétaires de leur logement, contre 63 % des couples avec enfant.
Ma fille me disait récemment en rentrant de l'école : "tu te rends compte maman, si on continue à vivre comme on le fait, il faudra trouver une autre planète en 2030 !". J'ai voulu être rassurante (avant qu'elle ne se mette à calculer quel âge j'aurais en 2030!) en lui répondant que d'ici là on trouverait bien une solution. Puis pour changer de sujet comme on sait faire quand on a une longue expérience parentale (je devins mère au siècle dernier en 1999) je lui demandai qu'est ce que tu veux pour Noël ma chérie ?
Tout en visualisant aussitôt avec angoisse un sapin plein d'épines dans mon salon et le fatras surréaliste de cadeaux et d'emballages à jeter au pied de l'Arbre de Noël...